Rencontre avec Cyrille Besseyre et Sophie Seytre

qualité de l'air dans le puy-de-dôme

Quel état des lieux des polluants atmosphériques locaux dans le département ? Quelles différences entre la ville et la campagne ? Quels mécanismes en jeu, quelles réponses des acteurs locaux ?

Rencontre de la Résilience du vendredi 22 octobre 2021 avec Cyril Besseyre de ATMO Auvergne-Rhône-Alpes et Sophie Seytre de la DREAL

En présentiel au Grin (9 rue St Hérem à Clermont) et en visio-conférence Zoom

Animation : Damien Caillard
Synthèse réalisée par Roxana Triboi

La synthèse de la Rencontre

Cyrille Besseyre (ATMO Auvergne-Rhône-Alpes) : La pollution de l’air est définie de manière globale par la loi sur l’air de 1996 : introduction dans l’atmosphère des substances qui entraînent des conséquences préjudiciables soit sur la santé, soit sur l’environnement, les ressources naturelles, la biodiversité, ou sur le patrimoine bâti. Par ailleurs, la question des nuisances olfactives rentre dans cette définition, ainsi que les émissions des gaz à effet de serre. Enfin, elle inclut aussi bien l’air extérieur que l’air intérieur…

On peut distinguer deux grands types de polluants : les polluants à effet sanitaire au niveau local qui sont émis par différents activités et qui peuvent générer des troubles, et les gaz à effet de serre qui sont peu surveillés au niveau du territoire local – car ils vont se répartir très largement dans l’atmosphère.

Enfin, les principaux indicateurs de pollution concernent les gaz et les particules fines.

Sophie Seytre (DREAL) : Dans notre cas, on s’intéresse plus aux polluants atmosphériques qui ont un impact sanitaire et/ou environnemental ; tout ce qui est lié au changement climatique n’entre pas dans la cadre du PPA [Plan de Protection de l’Atmosphère]. Néanmoins on voit bien qu’agir sur l’un permet d’impacter l’autre. Même si à la base ce ne sont pas les mêmes polluants, les phénomènes qui en sont à l’origine peuvent parfois être identiques.

Sophie Seytre (DREAL) : D’abord les services de l’Etat, comme la DREAL qui dépend du Ministère de Transition Ecologique, mais aussi l’Agence Régionale de Santé (ARS), la Direction Départementale des Territoires (DDT63), la Préfecture … Egalement très impliquées dans les questions de qualité de l’air sont les collectivités territoriales comme la ville de Clermont, Clermont Métropole, les EPCI, le Conseil Régional, le Conseil Départemental. Enfin, il faut compter les associations comme celles travaillant sur la Consommation.

L’action se fait par secteur : par exemple, les organismes qui ont la compétence « mobilité » vont travailler sur la question de la pollution atmosphérique émises par les transports (comme les oxydes d’azote).

Cyrille Besseyre (ATMO Auvergne-Rhône-Alpes) : La mesure de la pollution est réalisée par des associations agréées de surveillance de la qualité de l’air de la région, en l’occurrence ATMO Auvergne-Rhône-Alpes. Nous disposons de  différents moyens de mesure comme les stations de mesure (des boîtes de 2x2m qui contiennent des analyseurs dédiés chacun à un polluant spécifique) Elles sont dispersées sur l’ensemble du territoire et fonctionnent 24/24, 7jours/7. On en compte ainsi 80 sur la région et une dizaine dans le Puy-de-Dôme. Leurs mesures se font dans un cadre méthodologique européen, car les normes sont données par des directives de l’UE.

Vu le coût important de ces appareils, il est difficile d’avoir une répartition équilibrée sur le territoire. C’est pourquoi nous avons, pour compléter ce dispositif, des outils numériques qui quantifient toutes les émissions du territoire via des calculs, et un « inventaire » (en tonnes par an) qui permet d’identifier des leviers d’actions. En ajoutant d’autres éléments de contexte comme la météo, la dispersion atmosphérique, la transformation dans l’atmosphère grâce aux modèles mathématiques bien définis au niveau régional, cela permet une information spatialisée  sur une maille kilométrique à décamétrique. C’est cet outil qui, au final, nous permet de faire des prévisions à court terme sur la qualité de l’air.

Cyrille Besseyre (ATMO Auvergne-Rhône-Alpes) : Au niveau du sommet du Puy-de-Dôme on a un seul analyseur d’ozone l’OPGS qui a pour but de renseigner sur les mécanismes de grande échelle sur le territoire considèrent l’impact de la météo sur la qualité de l’air et seule une station en altitude permets ce constat.

Les évènements anticycloniques sont fréquents et pénalisant de la qualité de l’air (surtout dans les vallées).

Sophie Seytre (DREAL) : On a déjà cité les oxides d’azote qui sont majoritairement liés au transport terrestre. Également on va mentionner les particules fines, leur dangerosité étant liée à leur taille et la possibilité de les inhaler jusqu’au niveau des organes respiratoires comme les PL 10 et PL 5. Le troisième qu’on peut évoquer c’est l’ozone O3 (troposphériques et non pas stratosphérique) un gas extrêmement oxydant qui est en augmentation à cause du réchauffement globale (contrairement à la majorité des polluants atmosphériques en baisse depuis une dizaine d’années) très toxique a inspirer. C’est un polluant qui n’est pas émis directement, et qui issue de la réaction photochimique entre les oxides d’azotes et les composants organiques volatiles qui peuvent être le résultat de l’activité humaine (l’industrie et autres) et la nature.

Cyrille Besseyre (ATMO Auvergne-Rhône-Alpes) : Les cartes présentées lors de la rencontre illustrent la répartition géographique des concentrations. Généralement pour la majorité des indicateurs, à part l’ozone en zone de haute d’altitude on remarque des niveaux plutôt faibles et que le Puy-de-Dôme est plutôt favorisé par rapport au territoire régionale. On peut souligner que les agglomérations et les infrastructures urbaines attirent l’augmentation des valeurs inquiétantes. L’exposition a l’oxyde d’azote reste un phénomène inquiétant lors qu’on approche le milieu urbanise et dense. L’influence océanique n’as pas beaucoup d’influence et on peut dire que Clermont se trouve dans une situation ‘intermédiaire’ et pas à l’abri des phénomènes.

Sophie Seytre (DREAL) : Quand on regarde les nouvelles normes sanitaires qui viennent d’être émises par l’OMS on remarque qu’on a des valeurs trop élevées pour les particules fines et il reste beaucoup de travail a faire pour les abaisser même si la région clermontoise reste une zone privilégie au niveau régional et national. La même vigilance pour l’ozone qui ne cesse pas a augmenter.

Cyrille Besseyre (ATMO Auvergne-Rhône-Alpes) : Les actions cibles vont être complètement différentes en fonction du type de polluant. Pour l’oxyde d’azote c’est le développement des mobilités actives (plutôt utilisation du vélo ou le transport en commun et le télétravail) et douces pour réduire la place de la voiture notamment en ville qui a un très fort impact sur la qualité de l’air. Lorsqu’on s’intéresse aux particules fines, c’est surtout le chauffage et notamment celui d’ancienne génération (foyers ouverts qui utilisent du bois de mauvaise qualité) qui génère des effets nocifs et c’est le remplacement par des nouvelles modelés (labélisés flamme verte) moins polluants utilisant un matériel de qualité adapté ou isoler sa maison qui vont réduire leur émission.

Sophie Seytre (DREAL) : Par rapport au véhicule il y a deux types d’émissions : celles liées à l’échappement et puis toutes les émissions des particules qui sont liées aux contact/a l’usure entre la route et le pneumatique, le freinage …n’importe laquelle la nature de la motorisation, finalement cette partie va rester. En revanche, le type de motorisation a un impact direct sur les émissions liées à l’échappement. 

Cyrille Besseyre (ATMO Auvergne-Rhône-Alpes) : La voiture électrique c’est une solution pour réduire les oxides d’azote en ville, cependant ça pose d’autres problématiques environnementales, peut-être que réduire la place de la voiture en ville représente un levier plus efficace dans la lutte contre la pollution atmospheriques.

Sophie Seytre (DREAL) : On a des lignes directrices de la part de OMS, mais ce sont des cibles a attendre non-contraignantes pour les pays, ensuite il y a une directives européenne qui fixent aux états membres des seuils de manière règlementaire et tout ca c’est transposé par chaque pays dans sa propre réglementation. Les normes de la qualité de l’air sont fixées au niveau national et elles sont les mêmes pour toutes les régions. En revanche, dans le cadre du Plan de Protection de l’Atmosphère, les objectifs fixées qui respectent un minimum réglementaire sans aller plus loin, sont décidées localement en fonction du contexte. Par exemple pour le PPA actuellement en révision on s’est fixé comme norme sur l’oxyde d’azote la règlementation en vigueur, qui correspond jusqu’à présent également à la norme sanitaire (même si l’OMS l’a diminué a un quart et on actuellement un décalage entre l’objectif sanitaire et réglementaire), mais par contre sur les particules fines (divisées par 2 par OMS), le PPA se base sur le seuil sanitaire. Dans le futur, on peut imaginer que cette baisse des seuils dans les directives de l’OMS probablement va se refléter dans les normatives européennes, nationales, régionales…

Cyrille Besseyre (ATMO Auvergne-Rhône-Alpes) : Il mérite aussi a mentionner l’arrêté préfectorale départementale pour tout ce qui est la gestion de la pollution qui fixe un peu les actions a mettre en œuvre en fonction des niveaux établies au niveau nationale. L’enjeu sanitaire est relevant pour la pollution chronique quotidienne et non pas sur les piques de pollution qu’on va rencontrer 2-3-jusqu’à une dizaine de jours par an dans le Puy-de-Dôme.

Sophie Seytre (DREAL) : en effet, il y a des disposions contraignantes a plusieurs niveau un cas de pique de pollution. On a un premier niveau qui est du niveau de l’information/la recommandation, pas contraignante qui se résume aux messages d’alerte pour les personnes sensibles aux problèmes respiratoires. Le deuxième niveau implique des dispositions contraignantes pour notamment le monde industriel pour réduire des activités qui participent a l’augmentation de la pollution atmosphérique comme l’utilisation du matériel polluant, rapporter certaines actions… Au même temps pour les particuliers il n’y a pas beaucoup de contraintes au premier niveau comme la réduction du chauffage des logements et la limitation de vitesse de circulation, et puis le deuxième niveau (sur la pu) une circulation différenciée (vignette critère qui empêche la circulation des certaines véhicules).

Cyrille Besseyre (ATMO Auvergne-Rhône-Alpes) : Les Zones a Faibles Emission (ZFE) ça évolue beaucoup avec la législation d’actualité et donc Clermont a l’obligation de mettre en place un ZFE d’ici 2024, qui se traduit comme dans d’autres villes comme Lyon et Strasbourg, l’interdiction de circulation sur un certain périmètre de certains véhicules tout en prévoyant par de mesures compensatoires.

Sophie Seytre (DREAL) : Le PPA crée en 2008, un plan pour la métropole clermontoise peu connu par le grand public malgré son intérêt, est en cours de révision et il va inclure toutes ces politiques locales qui ont pour but la baisse de la pollution de l’air comme la ZFE.

Cyrille Besseyre (ATMO Auvergne-Rhône-Alpes) : Il y a beaucoup de financement dépendent a la fois du Conseil Régional et de l’ADEME soit fléchés sur des zones PPA ou des zones avec des forts enjeux sur l’air, en plus des dispositifs nationaux qui permettent l’accès a d’autres aides peut-être un peu dispersées gérés par des entités différents et donc pas très visibles/ évidentes a accéder.

Sophie Seytre (DREAL) : De l’innovation et de la créativité au niveau de l’entrepreneuriat pour sortir du niveau institutionnel et que la société civile s’empare du sujet et monte au créneau. La mobilité active est aussi une solution qui réduit l’exposition a la pollution de l’air.

Cyrille Besseyre (ATMO Auvergne-Rhône-Alpes) : Avec une baguette magique on pourrait fournir a tout le monde le dernier rapport de santé publique France qui montre qu’il y a un effet de la pollution de l’air a tous les niveaux sur tous les communautés de communes et qui nous regarde tous, et la pollution de l’air tue dix fois plus que le tabac.

Le podcast

La rencontre en photos

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